Comment vos spécimens arrivent dans vos mains !

La fabrique des manuels - Picto Routage

Rencontre avec Philippe Daudin, directeur de l’entreprise de routage Daudin Services.

Les spécimens que vous recevez ce mois-ci font l’objet d’une opération de livraison unique dans toute la France. Avec des nouveautés en termes de logistique pour faciliter leur réception dans vos CDI : des colis de couleur rouge facilement identifiables et un étiquetage précis de leur contenu.

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« Une opération exceptionnelle qui a nécessité des moyens exceptionnels »

Pouvez-vous nous dire ce qu’est une entreprise de routage ?

Philippe Daudin : Notre entreprise est une entreprise familiale, qui existe depuis 1892, et est donc juste un petit peu plus jeune que Belin, mais pas de beaucoup (Rires). Elle s’occupe en fait aujourd’hui exclusivement de logistique, plus spécialement dans le livre et l’édition : réception des livres imprimés, constitution des colis, filmage, adressage, expédition… Nous faisons aussi de l’archivage, de l’expédition pour la VPC, pour des e-commerçants : avec du textile, des objets de décoration, des DVD, des CD…

Combien de collaborateurs travaillent pour votre entreprise aujourd’hui ?

En tout, dans le groupe, nous sommes 70, et pour la partie logistique, nous sommes 43.

Quelles sont les grandes étapes du routage, dans le cadre d’une grande réforme comme c’est le cas cette année ?

Au départ, on n’est que dans l’étude. C’est un échange avec la maison d’édition – en l’occurrence Belin – sur un certain nombre d’hypothèses. Chaque année, chaque campagne est très différente, en termes de quantité et en termes de constitution des lots. En plus, les gens du marketing chez Belin sont extrêmement créatifs, donc à chaque fois c’est une réflexion différente. On a forcément acquis de l’expérience qui nous sert à apporter des solutions nouvelles en termes de rationalisation. Une expression un peu barbare mais qui tient au fait que le délai entre la fabrication et la livraison dans les collèges et les lycées se raccourcit chaque année, et c’est un pic d’activité toujours extrêmement difficile à gérer. Pour une opération exceptionnelle comme celle de cette année, nous avons recruté 32 intérimaires en plus de nos équipes habituelles

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44 700 colis , 467 tonnes, 30 semi-remorques

Il s’agit d’une campagne exceptionnelle…

Oui et qui a donc nécessité des moyens exceptionnels… Il a fallu notamment mobiliser et motiver les collaborateurs pour travailler en deux équipes, pour travailler le samedi et les week-ends, sachant qu’en général les livraisons arrivent en mai pendant la période des ponts. Il faut donc anticiper.

Quels types de métiers sont concernés par votre activité ?

Il y a les métiers liés à l’informatique, puisque l’on a un traitement de données assez important, l’administratif puisqu’il faut gérer les rapports avec Belin mais aussi avec les sous-traitants, notamment les transporteurs. Puis vous avez ensuite les chefs d’équipe et les manutentionnaires.

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Le chemin du manuel

Une fois qu’un manuel arrive ici, dans votre entreprise, quel va être son parcours ?

Quand un livre arrive ici, il va être reconnu comme faisant partie d’un lot en cours de constitution, et quand le lot va être constitué en totalité, selon les indications que nous ont donné les Editions Belin, on va valider un BAT (« Bon à tirer ») recto-verso pour voir si cela convient bien, et le passer en machine.

C’est-à-dire ?

C’est une machine qui place tous les éléments dans le bon ordre, puis le lot passe dans une filmeuse, et enfin dans un four pour rétracter le film… Il peut y avoir des contraintes techniques supplémentaires liées à des demandes spécifiques de l’éditeur.

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Deux innovations importantes cette année : l’étiquetage et le colis rouge

Cette année, il y a deux innovations importantes : l’étiquetage et le colis rouge. Est-ce que ce sont des éléments qui ont créé une difficulté supplémentaire ?

Ça a fait partie de l’analyse en amont. Avec l’expérience, nous pouvons faire des propositions de solutions. On travaille aussi avec les transporteurs pour réfléchir à comment rendre plus efficace l’approvisionnement et la livraison. En tenant par exemple compte du calendrier des vacances scolaires et de son impact sur leurs effectifs de transport disponibles. En temps normal, on travaille par zones et par académies, cette année nous sommes un peu en décalé mais ça n’a pas trop d’incidences. Il y a aussi les changements de régions qui vont impacter le déroulé… Tous ces critères entrent en ligne de compte dans notre organisation, et on essaye d’améliorer à chaque fois le système.

Quels sont les chiffres clés de votre activité pour une opération comme celle de cette année ?

Cette année, ça se passe en deux vagues : il y a en tout 44 700 colis d’environ 11 kilos en moyenne chacun, pour un poids de 467 tonnes en tout, ce qui représente l’équivalent de 30 semi-remorques. Et la totalité des expéditions se fait en quatre jours seulement, réparties en deux vagues.